Morschwiller-le-Bas
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Né le 21 avril 1901 à Morschwiller-le-Bas, Alfred Giess restera toujours fier de ses origines, il l’affirme volontiers : « je suis un sundgovien qui a eu le privilège intime d’admirer, de fouler une terre généreuse et pleine, voluptueusement retournée et emblavée, presque sans bavure, presque noble, qui a un langage à elle, celui d’une richesse féconde ». Selon lui, le sort l’avait fait naître au lieu de rencontre des cultures latines et germaniques.

À l’adolescence, Alfred Giess suit des cours de dessin à la Société Industrielle de Mulhouse où il a acquis un graphisme précis et sûr.
En 1924, il monte à Paris et entre à l’École Supérieure des Beaux Arts où il obtient tous les prix. C’est le début de son succès.
En 1929 il devient Premier Grand Prix de Rome de peinture et obtient la Première médaille d’Or du Salon. Il n’a que 28 ans.
Il séjourne alors à Rome, à la Villa Médicis. C’est un peintre très classique en perpétuelle recherche de perfection. Il s’exprime toujours selon son cœur et sa raison. Pour Giess, le dessin est le fondement de toute création picturale. La limpidité, la subtilité des couleurs et la perfection du dessin lui confèrent la maîtrise de son art exercé avec noblesse et amour. Sa devise est : « Remettre l’ouvrage sur le métier inlassablement, pour progresser toujours ».
En 1933, il part pour l’Espagne où il fait un séjour à la Casa Vélasquez de Madrid. Les splendeurs de l’Espagne lui font découvrir les ressources et la magie d’une technique jusque là ignorée : le paysage
En 1937, de retour en France, il participe à l’Exposition Universelle de 1937.
Les années de guerre sont très difficiles. Démobilisé en fin 1940, il quitte Paris pour n’y plus revenir qu’en 1954. En tant qu’Alsacien, croiser dans les rues les troupes de l’occupant est au-dessus de ses forces. Il va trouver une nouvelle patrie : la Franche Comté, pays de sa femme. Il s’installe à Champlitte, dans une ferme qu’il défriche avec sa famille. C’est un retour aux sources sundgoviennes. Retour à la terre, retour à la campagne et à ses rites immuables, empreints de beauté, d’odeurs, de gestes et de couleurs qui vont transparaître dans son œuvre. Son souhait de réaliser des grandes fresques s’est présenté trop peu souvent. Les seules réalisées en France sont celles de l’église de Champlitte (1947) et celle réalisée dans l’église Ste Marie de Colmar dans les années 50.
En 1954, il rentre à Paris où il collectionnera les distinctions : membre de l’Institut en 1955, Chevalier de la Légion d’Honneur, Commandeur des Palmes Académiques, Président de l’Académie des Beaux Arts. Il fut également Conservateur du Musée Jean-Jacques Henner de Paris.
Tout au long de sa carrière il participe à de nombreuses expositions à Paris, New-York, Munich, Zurich, au Japon, etc.

Paysage

Portraits

La terre et la femme sont ses deux grandes sources d’inspiration. Elles symbolisent la fécondité nourricière. Lorsqu’il s’installe à Champlitte avec sa famille, il retrouve les valeurs de la terre, ses odeurs, ses couleurs, etc… qui seront la source d’une série impressionnante de fleurs, de natures mortes. Le paysage, toujours serein et apaisant, exprime également l’humilité dont le peintre a toujours fait preuve. Autre élément de son inspiration, la femme, qui comme la terre représente le même symbole de fécondité nourricière. Il la peint sous toutes ses formes : c’est la jeune fille qui serre entre ses mains le bouquet de l’espoir et du bonheur, la fillette insouciante, la mère porteuse de vie et de courage, c’est enfin le nu, jamais vulgaire, révélation discrète de la beauté… Il a également réalisé trois autoportraits.

C’était un peintre exigeant avec lui-même, ayant une haute idée de l’art et de l’artiste au point de lui faire précéder « l’ingénieur, le savant et le philosophe » dans l’échelle des valeurs humaines. Il comparait le travail d’artiste à un métier dans la mesure où il signifiait un engagement total de la part de celui qui l’exerce. Il disait « Nous sommes des artistes et des artisans dans le sens où notre métier nous inspire la probité, l’amour, la noblesse assumés sans contraintes » Jusqu’au terme de sa vie, il défend les vraies valeurs humaines et artistiques. Il est souvent critiqué pour son classicisme car il n’a jamais subi les influences et les tendances du moment. Il est resté à contre-courant les modes picturales qui se bousculaient à l’époque et c’était sans doute plus courageux que de céder aux chants des sirènes. Alfred Giess a écrit : « l’appât du gain ou du succès supprime la passion du travail abouti. La nouveauté n’est qu’une question passagère ». Homme de travail, plus que de talent fulgurant, Alfred Giess réalise toujours des esquisses au fusain ou à l’encre, ainsi qu’une toile d’étude, rarement achevée, avant d’exécuter ses grands tableaux.
Il décède le 26 septembre 1973 à l’hôpital de Gray en Haute-Saône.